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Le Sahel Sans la France — Vide Sécuritaire, Wagner et la Recomposition Africaine

1 avril 202612 min de lectureAxel Coudassot-Berducou
AC
Axel Coudassot-Berducou
Fondateur & Directeur, Sentinelle Pulse

En moins de trois ans, la France a été expulsée du Mali (2022), du Burkina Faso (2023) et du Niger (2023) — la fin de l'opération Barkhane et de 60 ans de présence militaire française en Afrique de l'Ouest. Dans le vide laissé, Wagner (rebaptisé Africa Corps) et les puissances du Golfe se positionnent. Le Sahel entre dans une période d'instabilité chronique sans filet occidental.

MISE À JOUR19 avril 2026
🔴 DOSSIER ACTIF — Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officialisé en janvier 2025 l'Alliance des États du Sahel (AES), confédération anti-française avec une monnaie commune en projet. Africa Corps (ex-Wagner) est présent dans les trois capitales avec 2 500 à 3 000 combattants. Le Sénégal et la Côte d'Ivoire résistent aux influences des juntes voisines — pour l'instant.

La Fin de la Françafrique Sécuritaire

L'opération Barkhane (2014-2022) a mobilisé jusqu'à 5 500 soldats français sur 5 500 000 km² de désert sahélien. Son objectif : contenir la progression djihadiste d'AQMI, du GSIM et de l'EIGS. Le bilan opérationnel est ambigu — les groupes armés se sont adaptés, dispersés, puis reconstitués. En 2022, le Mali sous junta demande le départ des troupes françaises. L'effet domino frappe le Burkina Faso en 2023, puis le Niger après le coup d'État de juillet 2023.

PaysCoup d'ÉtatExpulsion FranceArrivée Wagner/Africa Corps
Mali2021Jan. 2022Déc. 2021
Burkina FasoJan./Sept. 2022Fév. 20232023
NigerJuil. 2023Sept. 2023Déc. 2023
TchadStabilité relativeRedéfinition partenariatPression croissante

Africa Corps : La Russie Comble le Vide

Wagner, rebaptisé Africa Corps après la mort de Prigojine (août 2023), est devenu un instrument d'État du GRU russe. Sa présence au Mali, Burkina et Niger combine : sécurité des dirigeants (gardes prétoriennes), exploitation minière (or, uranium, diamants), et influence informationnelle anti-française. Les ressources extractives financent en partie l'opération — modèle testé en Centrafrique depuis 2018.

La Pression Djihadiste Ne Diminue Pas

Contrairement aux promesses des juntes, la sécurité ne s'est pas améliorée après le départ français. Le GSIM et l'EIGS ont continué d'étendre leur emprise territoriale. Le Burkina Faso a perdu le contrôle de 40 % de son territoire en 2025. L'accès humanitaire est bloqué dans des régions entières. Plus de 2 millions de déplacés internes au Sahel.

DÉBAT

THÈSE — La France portait une responsabilité postcoloniale : La présence militaire française, perçue comme néocoloniale, alimentait la radicalisation locale.

ANTITHÈSE — Le départ n'a pas résolu les problèmes : Les juntes militaires sont moins capables que les forces conjointes franco-africaines ; Africa Corps exploite les ressources sans sécuriser les populations.

SYNTHÈSE : La déstabilisation du Sahel est structurelle. Elle nécessite des solutions politiques, économiques et sécuritaires que ni la France ni Wagner ne fournissent.

CHRONOLOGIE

  • 2013 : Opération Serval (Mali) — 4 000 soldats, succès initial
  • 2014 : Opération Barkhane — 5 500 soldats sur 5 pays
  • Août 2020 : Premier coup d'État au Mali (IBK renversé)
  • Déc. 2021 : Arrivée de Wagner au Mali
  • Jan. 2022 : Expulsion des forces françaises du Mali
  • Sept. 2022 : Deuxième coup d'État au Burkina Faso
  • Fév. 2023 : France quitte le Burkina Faso
  • Juil. 2023 : Coup d'État au Niger
  • Jan. 2025 : Création de l'Alliance des États du Sahel (AES)
Sources

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